Analyse des résultats du 1er tour

ANALYSE DES RESULTATS DU 1ER TOUR DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE 2012.

 

Une semaine après les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle de 2012, il convient de tirer quelques enseignements (non exhaustifs bien entendu), tant au niveau national, que départemental ou local.

1) Au niveau national.

 

– le premier constat porte sur le niveau d’abstention. Annoncé très élevé, celui-ci est finalement de 20,52% ce qui est plutôt faible au regard des scrutins précédents (28,4% en 2002, 21,6% en 1995). 2007 avait constitué en la matière une exception (16,23% pour l’abstention) à la faveur d’une campagne où les candidatures étaient particulièrement clivantes. Deux constats : l’élection présidentielle reste le temps démocratique majeur pour nos concitoyens, et les réflexions sur le désintérêt des Français pour la politique doivent être tempérées.

 

– Notre candidat François Hollande est en tête à l’issue du premier tour, il devance le Président sortant de 1,45%. Cela constitue un camouflet pour Nicolas Sarkozy puisque jamais un Président en exercice n’avait été devancé de la sorte. Par ailleurs, cela démontre qu’au-delà de l’anti-sarkozysme (qui sera utile au second tour) François Hollande a su convaincre une base importante de l’électorat (28,63%).

Par rapport à 2007, Nicolas Sarkozy perd exactement 4%, quand François Hollande améliore (dans un autre contexte) de 2,76% le score de Ségolène Royal.

 

– Le rapport de force droite/gauche évolue de façon favorable à la gauche entre les deux scrutins, même si la baisse du candidat Modem rend difficile l’analyse.

*Droite/extrême droite : 2007 (45%) v. 2012 (46,87%)

*Centre                         : 2007 (18,57%) v. 2012 (9,13%)

*Gauche/extrême gauche : 2007 (36,44%) v. 2012 (44,01%)

En 5 ans, les droites progressent de 1,87%, tandis que les gauches gagnent 7,57%. Il serait simple de penser que les électeurs de centre-gauche qui votaient pour François Bayrou en 2007 ont cette fois-ci donné leurs suffrages à François Hollande…sans doute vrai, mais les glissements de voix entre deux élections sont difficiles à saisir. Si tel était le cas, cela signifierait que les voix du candidat Modem en 2012 sont celles d’électeurs proches de la droite et pose la question de leur vote au second tour (électeurs proches de l’ancienne UDF prêts à se rallier à Sarkozy ? Chrétiens démocrates souhaitant sanctionner un Président dont les valeurs les heurtent ?)

 

– Le score de l’extrême droite (17,90%) progresse de façon continue en France. Marine Le Pen est parvenue à convaincre une partie de l’électorat populaire touché par la crise et en recherche de repères. Plus inquiétant, l’électorat frontiste semble se rajeunir.

 

– Jean-Luc Mélenchon a mené une campagne dynamique, largement dirigée contre le FN et sa candidate afin de mobiliser la gauche de la gauche. Ses 11,11% ne doivent pas être minorés. Pour la première fois depuis 1981 un candidat situé à gauche du PS obtient plus de 10% des suffrages.

2) Au niveau départemental.

 

– Avec les Yvelines, les Hauts-de-Seine restent un bastion de la droite. En Ile-de-France, ce sont les deux seuls départements dont les électeurs ont placé Nicolas Sarkozy en tête des suffrages.

Néanmoins, Nicolas Sarkozy et la droite perdent régulièrement du terrain dans notre département. Crédité d’un score de 35% dans les Hauts-de-Seine, le chef de l’Etat conserve une marge de 5% sur le candidat PS, mais il a perdu plus de 1%, tandis que François Hollande améliore de 5% le score de sa devancière dans le 92. L’écart se resserre (5% contre plus de 11% en 2007).

Nicolas Sarkozy fait sans surprise ses plus gros scores à Neuilly (72% !), Saint-Cloud ou Marnes-la-Coquette, tandis que François Hollande dépasse les 40% de votes exprimés à Clichy, Gennevilliers et Nanterre. Des villes communistes ont donc largement plébiscitées le candidat du PS…ce qui est intéressant pour les prochaines échéances (vote utile ou redistribution des cartes à gauche dans ces communes ?)

 

– Au total, la gauche engrange 44,24% des voix, contre 10,69% au centre, et 44,82% à la droite, ce qui montre bien l’évolution électorale dans le département du président sortant.

 

– Dans les Hauts-de-Seine, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou sont au coude à coude (un peu plus de 10% pour chacun), ce qui constitue une demi-surprise.

Peu surprenant en revanche le score de la candidate FN, nettement inférieur à son résultat national (8,5%). Dans les communes dont les populations sont financièrement privilégiées, la droite classique est forte et contient le vote FN.

 

 

3) Au niveau local.

 

– Dans la perspective des législatives, rappelons les score de Nicolas Sarkozy sur Garches (49,38%), Saint-Cloud (51,89%) et Rueil (38,45%) ; ainsi que ceux de François Hollande : Garches (21,51%), Saint-Cloud (18,72%), Rueil (26,97%).

Nous restons minoritaires ce qui n’est pas une surprise, mais les scores du second tour, véritables révélateurs du rapport de forces droite/gauche sur ces trois communes, seront particulièrement intéressants à observer.

 

– A Rueil :

 

– L’abstention à Rueil (20,2%) a été contenue comme dans le reste dela France.Enrevanche, dans notre ville il est bon de signaler que les procurations (plus de 5000, soit 10% du corps électoral) ont représenté au total à peu près 12% des suffrages exprimés…

 

– Si la forte participation lors du scrutin présidentiel est renforcée par le vote des quartiers populaires qui boudent les autres élections, la cartographie de l’abstention sur Rueil lors de ce premier tour montre que les quartiers plus favorisés se mobilisent davantage néanmoins. Les trois bureaux qui ont vu les plus forts taux de participation correspondent aux écoles Trianons (2 bureaux) et Pasteur, tandis qu’à l’inverse les trois bureaux où les taux sont les plus faibles (13, 37 et 49) renvoient à des quartiers plus populaires (écoles Perrault,La Fontaine, et Buissonnets) qui ont placé François Hollande en tête.

 

 

– Le rapport de force droite/gauche sur Rueil apparaît beaucoup plus favorable à la gauche en 2012 qu’en 2007.

En 2007, droite et extrême droite représentaient 48,44% des voix, contre 48,63% en 2012. La progression est minime et largement liée à la montée du FN (+3,5%).

La gauche en revanche gagne 11,32% (de 23,60 à 38,5% des voix) ce qui est extrêmement encourageant.

Le Centre perd pour sa part (candidature de François Bayrou) 10,73% des suffrages, passant de 23,60% des voix à 12,87%.

Là encore, la prudence doit être de mise pour analyser les glissements de suffrages. Les électeurs de Bayrou 2007 plutôt proches du centre gauche ont-ils délaissés cette option cette fois en retrouvant un candidat socialiste plus conforme à leurs représentations ?

Une chose est sûre, la gauche a progressé sur Rueil depuis 5 ans. Cette progression de 11,32% peut-être comparée à celle observée dans d’autres villes comparables des Hauts-de-Seine comme Courbevoie par exemple (où la gauche progresse de 11,33% entre 2007 et 2012).

 

– Sans entrer ici dans une analyse trop fastidieuse des résultats sur Rueil par bureau de vote (nous aurons l’occasion d’y revenir), il est à noter que sur 55 bureaux à Rueil, François Hollande arrive en tête dans 11 bureaux (secteur Clos des terres rouges : 47, 49, 50 – secteur du plateau et des Côteaux : 24, 26 et 37 – secteur Colmar/Estienne d’Orves : 11,12 et 13, notamment).

 

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