35 000 logements à vendre par la Filiale de la Caisse des dépôts

La filiale ICADE de la Caisse des Dépôts vend son patrimoine non rentable. Et en particulier à Rueil.


Une douzaine de maires du département, toutes couleurs politiques confondues, s’apprêtent à cosigner un courrier au préfet des Hauts-de-Seine et à la ministre du Logement, Christine Boutin. Objet de cet élan commun : demander « des informations précises » sur la vente d’environ 35 000 logements en Île-de-France, dont plus de 8 600 dans les Hauts-de-Seine, par Icade.


Douze communes concernées

Le bailleur, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, a annoncé sa décision de se séparer de son « patrimoine non rentable » lors de son dernier conseil d’administration, courant décembre. « On l’a appris par la presse, s’étrangle Catherine Margaté, maire (PC) de Malakoff. Personne d’Icade n’est venu nous voir ! C’est quand même fort de café. »


A Rueil (UMP), Bagneux (PC), Sceaux ou Fontenay-aux-Roses (PS), « tout le monde râle », assure l’élue. Qui a organisé, la semaine dernière, une réunion à l’attention des douze maires* qui comptent du patrimoine Icade sur leur territoire. « Nous avons mis en commun nos informations. Les situations sont très différentes selon les communes », poursuit Catherine Margaté.


A Bagneux, cette décision est loin d’être anodine : la ville communiste compte quelque 2 300 logements Icade. « Il y a une vraie inquiétude sur ce qui va se passer. Icade n’a pas forcément en tête de vendre à un bailleur social… » glisse-t-on à la mairie communiste, ajoutant que les responsables des amicales de locataires « ont exprimé leurs très vives inquiétudes sur l’avenir des logements concernés et l’évolution de leurs conditions locatives » ;


Construits sur des fonds publics

« Pas question que ces logements soient vendus à n’importe qui ! appuie Philippe Laurent, maire centriste de Sceaux, les locataires actuels n’auront pas les moyens d’assumer des augmentations de loyer. Nous voulons maîtriser cette affaire. »


Dans l’idéal, l’élu aimerait que ses 700 logements Icade soient achetés par des bailleurs sociaux, et répartis pour moitié en intermédiaire, pour moitié en social. Et de conclure : « Rappelons que ces logements ont été construits sur des fonds publics. »


* Asnières, Bagneux, Châtenay-Malabry, Châtillon, Clamart, Colombes, Fontenay-aux-Roses, Gennevilliers, Montrouge, Rueil, Sceaux, Villeneuve-la-Garenne.

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